Contre l’avis d’une bonne partie de la population, Jovenel Moïse voudrait imposer une nouvelle Constitution

Par Alter Presse, Haïti, publié le 25 octobre 2020 

Il serait nécessaire de doter le pays d’une nouvelle Constitution, avant l’organisation de prochaines élections, persiste, contre l’avis d’une bonne partie de la population, le président Jovenel Moïse, dans une adresse à la nation, le vendredi 23 octobre 2020, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse. 

Malgré le climat délétère, sur le territoire national, de la situation en Haïti, caractérisée par un niveau de criminalité sans bornes, avec une prolifération de gangs armés partout, qui rançonnent la population (par des actes d’enlèvements et de séquestration de personnes assassinats, incendies de maisons, braquages, etc.), ainsi qu’une série de dispositions administratives inconstitutionnelles et illégales, Jovenel Moïse estime être en mesure de convoquer un référendum, interdit par la Constitution, pour contraindre les Haïtiennes et Haïtiens à décider de l’adoption ou non d’une nouvelle Constitution. 

Des fonds sont disponibles dans le budget 2020-2021 pour l’organisation d’un référendum et des élections dans le pays, déclare Jovenel Moïse, exhortant les protagonistes à trouver un consensus sur la façon de changer la Constitution. 

La Constitution actuelle serait un objet de discorde. Elle ne serait pas adaptée à la réalité du pays, selon Jovenel Moïse. 

Divers secteurs, notamment politiques et de droits humains, ont déjà rejeté l’idée de Jovenel Moïse de réaliser un référendum, contraire à la Constitution, ainsi que de prochaines élections dans le contexte de criminalité généralisée actuelle. 

La plupart des secteurs ont aussi dénoncé la mise en place, suite à un arrêté présidentiel, en date 18 septembre 2020, d’un nouveau Conseil électoral provisoire (Cep), jugé inconstitutionnel, transformé en Collège électoral, face aux manifestations générales d’hostilité et d’indignation, suscitées par sa formation irrégulière.