Plus d’une quinzaine de sénateurs américains dénoncent les mauvais traitements contre les Haïtiennes et Haïtiens à la frontière du Texas

Par Alter Presse, Haïti, publié le 11 octobre 2021 

Plus d’une quinzaine de sénateurs démocrates américains dénoncent les mauvais traitements de gardes frontaliers étasuniens contre les Haïtiennes et Haïtiens, à la frontière du Texas, aux États-Unis d’Amérique, dans une correspondance, adressée au secrétaire à la Sécurité intérieure Alejandro Mayorkas et au secrétaire d’État Antony Blinken, et dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse. 

« Assurer l’intégrité des frontières américaines est de la plus haute importance et n’est pas incompatible avec le devoir fondamental de respecter la dignité, l’humanité et les droits de toutes les personnes, cherchant à entrer aux États-Unis », indique le président de la commission des relations étrangères au sénat américain, Bob Menendez, qui a été rejoint par 15 de ses collègues du sénat. 

« Leur résilience est inégalée et nos communautés aux États-Unis ont prospéré grâce à la présence d’immigrants haïtiens et de leurs enfants américains », soulignent ces législateurs américains. 

Leurs frères et soeurs haïtiens ont enduré des dictatures, des crises constitutionnelles, l’insécurité alimentaire, des pandémies, des catastrophes naturelles, des déplacements forcés, l’assassinat de leur président et la prise de contrôle criminelle de leurs communautés, notent-ils. 

Ils appellent l’administration de Joseph Robinette (Joe) Biden à agir rapidement, en nommant un nouvel envoyé spécial pour Haïti, et à travailler avec ses partenaires internationaux dans toute la région, pour trouver des solutions immédiates, qui priorisent les besoins de protection des migrantes et migrants haïtiens, et la stabilité à long terme d’Haïti. 

Les sénateurs insistent également sur la nécessité pour que les États-Unis puissent soutenir une solution dirigée par les Haïtiennes et Haïtiens, qui intègre les points de vue et les recommandations d’un large éventail de partis politiques et de la société civile. 

Plus de 7, 600 hommes, femmes et enfants ont été expulsés des États-Unis, entre les dimanche 19 septembre et samedi 9 octobre 2021, dont plus de la moitié sont des femmes et des enfants, selon l’Organisation internationale pour les migrations (Oim). 

Près de 170 enfants haïtiens ont été rapatriés vers Port-au-Prince avec leurs parents, après avoir été expulsés de Cuba pour la plupart, et des États-Unis, selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). 

« Haïti a un énorme problème avec le Sida. Beaucoup de ces migrantes et migrants haïtiens ont probablement le Syndrome immunodéficitaire acquis (Sida) et ils entrent dans notre pays, et nous ne faisons rien », a déclaré, par ailleurs, l’ancien président américain, Donald Trump, sur Fox News. 

Ce sont des déclarations « racistes et sans fondement concernant les migrantes et migrants haïtiens, en particulier, et la population haïtienne en général », a condamné l’ambassade d’Haïti à Washington. 

Cette déclaration à caractère raciste et discriminatoire rappelle la période des années 1980, quand les migrantes et migrants haïtiens aux États-Unis, notamment à New York et en Floride, étaient victimes de racisme face au Sida, estime l’Office haïtien de protection de la citoyenne et du citoyen (Opc). 

Le slogan 4h y était attribué aux « Homosexuels, Héroïnomanes, Hémophiles, Haïtiens », rappelle l’Opc, signalant combien la prévalence du Virus de l’immunodéficience humaine (Vih) en Haïti est actuellement (2021) à 2%, selon les professionnelles et professionnels de la santé.