Rassemblement de protestations, ce vendredi 15 octobre 2021, pour appeler au non renouvellement du mandat du Binuh en Haïti

Par Alter Presse, Haïti, publié le 15 octobre 2021 

Le Mouvement de liberté d’égalité des Haïtiens pour la fraternité (Moleghaf), Konbit òganizasyon politik ak popilè yo, Nou Se Dorval, Mouvman mas revolisyonè et autres ont tenu, ce vendredi 15 octobre 2021, un rassemblement pour appeler au non renouvellement du mandat du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (Binuh), selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse. 

« Criminel, dehors Binuh ! Bande de criminels, non au renouvellement. Allez, allez, allez, quittez le pays ! », lâche un protestataire, visiblement très remonté contre cette force onusienne, qui devrait renforcer la stabilité politique, la bonne gouvernance en Haïti, appuyer la Police nationale d’Haïti (Pnh), entre autres. 

« Nous n’adhérons pas au renouvellement du Binuh en Haïti, parce que le Binuh c’est un projet-assassin pour le peuple haïtien », dénonce Me. Iswick Théophin du Moleghaf, lors de ce sit-in, organisé devant les locaux du Binuh à Pétionville. 

Cette mobilisation survient après la déclaration de la sous-secrétaire d’État américaine à la sécurité civile, la démocratie et aux droits humains, Uzra Zeya, qui a souhaité, sur son compte Twitter, le 13 octobre 2021, le renouvellement du Binuh. 

Le Binuh avait considéré que la fédération des gangs armés G9 an fanmi ak alye aurait contribué à une diminution du nombre de morts dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, en 2020. 

Cependant, dans un rapport, présenté le lundi 4 octobre 2021, au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu), le Binuh a décrit une situation « sombre » en Haïti. 

Le Binuh relève une augmentation de 5% du nombre d’homicides volontaires, atteignant 549 cas signalés, par rapport à la période précédente, une augmentation de 328 victimes signalées à la police au cours des huit premiers mois de l’année 2021, contre 234 pour toute l’année 2020. 

Ces violences ont provoqué le déplacement de 19 mille personnes, à cause des gangs armés dans les communes de Carrefour, de Cité Soleil, de Croix-des-Bouquets, de Delmas et dans le quartier de Martissant à Port-au-Prince », lit-on dans le journal « Le Nouvelliste », dans un article publié le 5 octobre 2021. 

« Nous déclarons à présent que Mme Helen Meagher La Lime, Mme Michèle Sison et Kenneth Merten sont persona non grata. Ce sont une bande de criminels, qui ont appuyé le régime criminel du Parti haïtien tèt kale (Phtk), qui s’allie avec des gangs armés pour commettre des actes de kidnapping partout dans le pays », affirme, pour sa part, le syndicaliste Josué Mérilien et dirigeant du Konbit òganizasyon politik ak popilè yo. 

Le regroupement Konbit òganizasyon politik ak popilè yo déplore l’attitude du président américain Joseph Robinette Biden Jr., dit Joe Biden, qui avait promis de revoir la politique « maître et esclaves » des États-Unis d’Amérique en Haïti, alors qu’il vient de nommer l’ancien ambassadeur (de 2009-2012) Kenneth Merten comme chargé d’affaires dans le pays. 

« Cela prouve qu’il va continuer dans la politique de l’ingérence », soutient Josué Mérilien. 

Le 8 mars 2012, l’ambassadeur américain, Kenneth Merten, a déclaré que le président Phtk d’alors Joseph Michel Martelly « n’est pas un citoyen américain », pour rejeter les déclarations du sénateur haïtien, Jean-Charles Moïse. 

Le regroupement Konbit òganizasyon politik ak popilè yo appelle la population à se mobiliser contre les criminels internationaux et à se débarrasser du « régime criminel Phtk ».