Dr. Hubert de Ronceray: « L’avenir d’Haiti est bloqué à l’extérieur par un racisme à visage découvert »

Écrit par Rezo Nòdwès, Haïti, publié le 22 janvier 2022 

Dr. De Ronceray : »Le développement nous est refusé ». 

Cette interview du feu Dr. de Ronceray accordée à l’hebdomadaire haitien de New York, Haïti-Observateur, était réalisée en pleine crise de gouvernance d’Haïti par les forces armées d’Haïti du général Raoul Cédras, comme des mercenaires à la solde des étrangers... Et aujourd’hui encore, l’équipe d’Ariel Henry, née d’un « oraj kale« , tente de s’imposer tant sa mission d’accoucher des élections sélectives et frauduleuses n’ont pas été réalisées. 

Le pays était sous le poids d’un embargo commercial recommandé en partie par l’ex-président Jean-Bertrand Aristide voulant par tous les moyens reprendre le contrôle du Palais National et entamer en 2004 le pays au bord du chaos politique et institutionnel basculé aujourd’hui dans le néant par Jovenel Moise et sa clique accusée d’être les champions de la corruption en 2019. Et tout cela, le peuple, le 16 décembre 1990, à travers un scrutin (le seul et l’unique depuis 1807) aurait préféré le choix gagnant que celui par défaut... 

Samedi 22 janvier 2022 ((rezonodwes.com))-« L’avenir d’Haïti est une immense interrogation » a affirmé Dr. de Ronceray qui pourtant, à l’époque (1991-1994), soutenait le camp des militaires putschistes responsables en majeure partie de la désintégration des FAd’H, un corps de « pensionnaires de l’Etat » en état moribond depuis 2017, transformé en « atelier de démons ». 

Pour le professeur Deronceray, une des malheureuses victimes du puissant séisme du 12 janvier 2010, « Haïti est bloqué à l’intérieur par des égoïsmes irréconciliables et à l’extérieur par un racisme à visage découvert » mettant en cause la communauté internationale, en partie, dans le sous-développement d’Haïti dirigé en grande partie par des hommes à moralité douteuse dont la capacité à gouverner est soumise à rude épreuve. En 1994, le Core Group, considéré par le Sénateur Joseph Lambert comme « le plus grand parti politique en Haiti« , n’avait pas encore pris naissance au Canada. 

L’ancien prof de la Faculté des Sciences Humaines a ajouté lors de cet entretien de juin 1994, à Haïti-Observateur que « le monde entier nous déteste et nous condamne à l’assistance humanitaire sélective« , tout en refusant, a précisé Dr. de Ronceray, « le développement« du pays. Les haïtiens vivent dans une spirale d’éternel recommencement avec des fils dénaturés pour l’engloutir à chaque fois qu’ils essayent de sortir la tête de l’eau puante. 

« Haïti n’a pas encore récupéré les bases minimales pour construire une nation« , a indiqué Hubert de Ronceray qui serait en avance sur son temps à l’instar du grand intellectuel Anténor Firmin qui avait prévu l’occupation militaire du pays par des étrangers. 

Rappelons que le Dr. Hubert de Ronceray et le professeur Leslie Manigat avaient en janvier 1988, après le cruel massacre de la Ruelle Vaillant, de novembre 1987, accepté de participer à la farce électorale organisée par l’armée d’Haïti du général Henri Namphy. Celui-ci qui a fait et défait le pouvoir de Manigat, fut, à son tour, le 17 septembre 1988, envoyé mourir en exil par le général Prosper Avril qui fut l’un des chiens de garde de la dictature de Jean-Claude Duvalier. 

« L’avenir d’Haiti est entre les mains de Dieu« , a prédit le sociologue, une façon, selon ses points de vue, que toute solution de sortie de crise durable nous sera toujours refusée et hypothéquée avec des esclaves aux chaines invisibles attachées à leur cerveau, placés aux commandes pour la déjouer.