Revirement de l’ex sénateur Nènèl Cassy au sein du Secteur démocratique et populaire

Écrit par Alter Presse, Haïti, publié le 3 août 2022 

L’ancien sénateur des Nippes (une partie du Sud-Ouest d’Haïti), Nènèl Cassy, un des dirigeants du Secteur démocratique et populaire (Sdp), déclare se retirer de l’accord du 11 septembre 2021 « pour une gouvernance apaisée et efficace de la période intérimaire », prôné par le premier ministre de facto Ariel Henry et ses alliés, en conférence de presse, le mardi 2 août 2022, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse. 

L’accord du 11 septembre 2021 est caduc, estime l’ex-parlementaire. 

Nènèl Cassy, critique Ariel Henry, qui n’aurait pas pris toutes les dispositions pour le faire appliquer, en vue d’améliorer les conditions de vie de la population. 

Il fustige l’absence de volonté du gouvernement de facto de résoudre les problèmes liés à la criminalité, l’insécurité, la vie chère, la dépréciation de la gourde par rapport au dollar américain (Ndlr : US $ 1.00 = 140.00 gourdes aujourd’hui), la crise persistante du carburant. 

L’ancien sénateur des Npipes affirme plaider en faveur d’une transition politique avec un pouvoir exécutif bicéphale, un président et un premier ministre. 

En réaction, l’autre branche du Secteur démocratique et populaire a réitéré sa volonté de continuer à se battre, pour l’application pleine et entière de l’accord du 11 septembre 2021, dans une note portant la signature de trois de ses dirigeants, dont Ricard Pierre (titulaire de facto du Ministère de la planification), qui représente le Sdp au sein du gouvernement de facto, Me. Michel André et Marjorie Michel. 

Cette branche du Sdp appelle les différents protagonistes au dialogue, pour trouver le consensus nécessaire à la stabilité du pays. 

Elle demande à ses dirigeants, ses militants et sympathisants de garder leur calme, pour favoriser l’harmonie au sein du mouvement. 

Entre-temps, les membres du Bureau de suivi de l’accord du 30 août 2021, appelé accord de Montana (Bsa), ont décidé de surseoir aux négociations politiques avec le pouvoir de facto en place, après des semaines de discussions. 

Pour justifier sa décision, le mouvement Montana évoque une absence de volonté réelle du gouvernement de facto de parvenir à un consensus large, en vue de résoudre la crise socio-politique en Haïti. 

« Nous sommes en face d’un pouvoir, non seulement incapable, mais aussi irresponsable », déplore un autre membre du Bsa, Ernst Mathurin. 

Le Bsa s’en prend également à la communauté internationale, qui continue de supporter le gouvernement de facto d’Ariel Henry.